Le Shiatsu

Histoire

À la fin du XIXe siècle, au Japon, de nombreuses techniques manuelles coexistaient sous différentes appellations. Le terme shiatsu a été utilisé pour la première fois en 1919 par Tenpeki Tamai dans son livre Thérapie par pression des doigts (Shiatsu Ryoho). En formalisant le shiatsu, l'auteur avait à cœur de développer la thérapie manuelle et de la différencier de l'anma davantage orientée vers le bien-être.

La pratique du shiatsu s'est ensuite diffusée à travers différents enseignants qui ont perfectionné le shiatsu en fonction de leur propre expérience. C'est ainsi que plusieurs styles sont nés avec des orientations différentes (traditionnelles, énergétiques, intégration de techniques d'ostéopathie ou de chiropractie importées de l'Occident, etc.)

La première clinique utilisant des protocoles de shiatsu fut ouverte à Muroran (Hokkaido) dès 1925 par Tokujiro Namikoshi, l'un des précurseurs du shiatsu. Mais l'avenir de ces techniques s'est trouvé bouleversé par la Seconde Guerre mondiale et l'occupation américaine a importé le système médical occidental au Japon en créant un pont commercial entre le Japon et l'Occident, notamment pour isoler le Japon de l'influence chinoise.

En 1955, Tokujirō Namikoshi et son fils Tōru Namikoshi obtinrent pour leur école la licence officielle du ministère de la Santé et du Bien-être japonais. Le shiatsu bénéficiera alors d'une grande notoriété grâce à des receveurs célèbres tels que Marilyn Monroe et Mohamed Ali.

En 1964, le ministère de la Santé et du Bien-être japonais distingue le shiatsu du massage.

En Europe, le Parlement européen reconnaît le shiatsu comme une médecine complémentaire digne d'intérêt et invite les États membres à les intégrer. Le shiatsu est ainsi reconnu en Autriche et en Suisse, notamment. En France, l'État reconnaît le titre professionnel de « spécialiste en shiatsu » depuis 2015 et charge le Syndicat Professionnel de Shiatsu (SPS) de gérer la certification des professionnels.


Applications et contre-indications

Le shiatsu est reconnu pour s'inscrire "dans le domaine de la prévention et de la détente". D'après la définition du Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP), il a pour but de garder ou de retrouver un "équilibre sur les plans physique, émotionnel et psychique par un travail de rétablissement de la circulation énergétique à l'aide de pressions et par une relation d'aide".

En dehors des cabinets où il se pratique le plus souvent, le shiatsu trouve de nombreuses applications, par exemple, dans le bien-être au travail, la préparation et la récupération du sportif, l'accompagnement des patients à l'hôpital en complément des traitements classiques. Le shiatsu est utilisé pour lutter contre les effets du stress, diminuer les tensions, compléter un traitement médical, favoriser la récupération après un trauma.

Il reste contre-indiqué en cas de maladie aiguë, de fracture ou de médication lourde (liste non exhaustive).


Les différents styles

Le terme shiatsu était à l'origine réservé aux écoles d'État japonaises et formalisé par Tōru Namikoshi sur la base de l'anma traditionnel et de techniques issues de la chiropraxie.

De très nombreuses écoles existant encore à la fin des années 1970 ont aujourd'hui disparu avec leurs chefs de file.

Les différentes écoles sont :

  • Le shiatsu Namikoshi, largement répandu au Japon et enseigné dans les écoles d'État japonaises, est le shiatsu des origines ;
  • Le shiatsu "médical" Koho  du professeur Ryūhō Okuyama dont la réputation fut grande au Japon jusqu'aux années 1990 ;
  • Le shiatsu Masunaga de Shizuto Masunaga, psychologue, qui fut un élève de Namikoshi. Il estima qu'en apportant la théorie de la médecine traditionnelle chinoise au shiatsu, on gagnerait en efficacité dans le soin. Ce shiatsu-là fut l'un de ceux qui se fit connaître en Europe, parmi bien d'autres, au milieu des années 1970 ;
  • En France, le shiatsu myo-énergétique a été développé par Hiroshi Iwaoka, acupuncteur, praticien en shiatsu et en sōtai, diplômé d'État du Japon ;
  • Le shiatsu macrobiotique développé par Shizuko Yamamoto, qui se caractérise par l'alimentation macrobiotique ;
  • L'Ohashiatsu de Wataru Ohashi, dans le prolongement de l'enseignement de Masunaga, axé sur le bien être ;
  • Le Shiatsu Yoseido, dit aussi Shiatsu Essentiel, école fondée par Yuchi Kawada qui étudia sous la direction de Namikoshi et de Masunaga ;
  • Le shiatsu Yin, shiatsu dit "thérapeutique" développé par Maître Takeuchi Nobuyuki à la clinique AKAHIGEDO à Tokyo ;
  • Le shiatsu de Ryotan Tokuda s’inscrit dans une lignée de docteurs en médecine chinoise traditionnelle et shiatsu. Tokuda a dispensé ses enseignements au Brésil depuis 1968 et en Europe depuis 1988 et fondé les Instituts Nonindo dans différents pays ;
  • Le Sei Shiatsu développé par Bernard Bouheret, kinésithérapeute et praticien en shiatsu diplômé de Koho Shiatsu (école Hakko de Maître Okuyama) et enseigné à l'École de shiatsu thérapeutique (Paris) ;
  • Le shiatsu holistique ;
  • Le shiatsu Kuretaké ;
  • Le shiatsu du visage est un soin de bien-être, dont l'action se concentre sur les zones d'acupuncture du visage. On l'appelle parfois lifting japonais.
  • Etc...

les effets

Chaque style, de par sa méthode d'application, a des effets ciblés.

Jusqu'à présent, les études sur l'efficacité du shiatsu ont donné des résultats globalement positifs, mais il est difficile d'en apporter la preuve scientifique. Le Syndicat professionnel de Shiatsu lance une étude nationale pour essayer d'apporter une réponse à cette question.

On peut toutefois affirmer, que le Shiatsu a un impact sur le système circulatoire, musculaire, viscéral et neurovégétatif. La logique de traitement peut aussi jouer sur l'aspect mécanique de la problématique. Les personnes traitées se décrivent en majorité plus relaxées et en meilleure forme.

Il est donc fortement conseiller de se renseigner au préalable, du type de séance qui sera être dispensée.

Le Syndicat Professionnel de Shiatsu assure aux usagers un niveau de formation des spécialistes qu'il a reconnus.


Formation

Si vous désirez vous former dans cette discipline ou en faire votre métier, il est conseillé de se tourner vers une école reconnue par le Syndicat profesionnel de Shiatsu, vous garantissant ainsi des connaissances solides mais aussi une protection contre les dérives potentielles.